Chapitre 4.
= Berlin, dans le centre, le 19 février 2011, 12h02. =
[Bill]
On tourne indéfiniment à la recherche d'une place. On va finir par être vraiment en retard. On ne s'est pas parlé de tout le trajet. On dirait que Tom veut me dire quelque chose mais qu'il n'ose pas. Je trouve enfin un emplacement pas très loin de la crêperie. Georg et Gustav doivent nous attendre. On sort de la voiture.
- Bill. Je... Il faut que je te dise. Hum... Tom semble hésité.
Voilà, ne le prends pas mal mais... J'ai apporté une dose... Au cas où...
- Mais t'es fou de te promener avec ça!! Je m'exclame.
- Je n'aurais pas du te le dire, je le savais...
- Tu ne comptais quand même pas te piquer au resto alors qu'on fait une sortie entre potes...
- C'est juste si je ne me sens pas bien...
- Tom! Dis-je gravement.
- Quoi? Demande t-il agacé.
- Promet moi de ne pas y toucher jusqu'à ce qu'on rentre à l'appart.
- Je sais pas si je peux... Marmonne t-il.
- Essaie pour moi... Je le supplie presque.
- Pourquoi tu ne veux pas te montrer nu devant moi? Demande t-il soudainement.
- Ca n'a rien à voir... Eh puis, qu'est ce que ça peut te faire?! Je m'énerve.
- Tu me caches un truc!
- NON !! Ma réponse spontanée me trahit. Tom me regarde méchamment.
- Je le saurais Bill.
- Tu comptes le continuer longtemps ton interrogatoire au milieu du trottoir?! Georg et Gustav doivent s'impatienter! Je m'exclame.
- On peut y aller. Dit-il.
De toute façon, je le saurais. Murmure t-il. Comme si je ne l'avais pas entendu! Eh puis quoi encore! Il me fait un caprice parce que je ne me montre pas à poil devant lui! C'est pas parce que je le vois tout le temps la bite à l'air que j'ai envie de faire pareil. Arrête de te voiler la face Bill, tu sais bien que tu te caches pour une autre raison... Mais il ne doit pas le découvrir. Pas encore du moins. Ca risque de l'enfoncer encore plus dans son mal-être... D'ailleurs ça ne concerne que moi!
On arrive devant la crêperie où les G's nous attendent.
- C'est pas trop tôt! S'exclame Georg en nous voyant.
- Désolé, on ne trouvait pas de place. J'explique.
- Comment ça va Tom? Demande Gustav.
- Ca va... Dit-il en baissant les yeux. Je sais qu'il a honte de l'état dans lequel on l'a trouvé l'autre soir.
- Bon, c'est pas tout ça mais je meure de faim !!!! Dit Georg pour détendre l'atmosphère.
- On a qu'à rentrer. Dis-je. Sur ce, nous pénétrons dans l'établissement. Je cherche d'un oeil la présence de mon serveur adoré... Ce type est un dieu vivant. Plus beau que lui... Moi... Après c'est tout. Une serveuse blonde, aux yeux délavés et au sourire crispé vient nous accueillir. Pourquoi c'est pas mon serveur?
- Bonjour messieurs. Suivez moi. Elle n'a même pas besoin de demander à quel nom nous avons réservé. Ca j'adore! On a un peu gardé de notre célébrité. Elle nous installe à une petite table légèrement à l'écart, tant mieux! Elle nous amène les cartes. J'ai trop envie de lui demander si Andrew est là...
Tout de suite nos yeux se perdent dans le menu alléchant. Moi aussi j'ai faim en fait!
- On prend un apéro? Demande Georg. Décidément, lui et l'alcool.
- Je veux bien. Dis-je.
- Moi aussi. Répond Gustav.
Et toi Tom?
- Boaf... Je soupire.
- Je prends un kir cassis! Je poursuis.
- Pareil!! S'exclame Gustav comme s'il n'y avait pas pensé.
- Euh... Un petit verre de rosé. Rougit Georg.
Et toi Tom?
- Boaf... Euh... Y a pas du Red Bull?
- Non!! S'exclame t-on tous les trois.
- Bah, un coca alors. Je souris... Il me désespère. La serveuse revient vers nous.
- Vous voulez un apéro? Demande t-elle.
- Oui. Alors, un coca, deux kir cassis et du rosé. S'empresse de répondre Georg.
- Excusez moi. Dis-je tout à coup.
Andrew est ici? Je demande. Les yeux noirs de Tom se posent sur moi.
- Oui, oui... Dit-elle surprise.
- Vous pouvez lui dire que Bill est là? Je continue.
- D'accord. Elle repart légèrement troublée par ma demande. Je n'ai pas pu résister.
[Tom]
J'étais content que ce gros nul ne soit pas là et Bill le demande. Il m'énerve... Andrew, mon serveur, blablabla... Dites lui que Bill est là... Bill... B I deux L... Beuh, Beuh, Beuh, Bill... Ouhh!!! Ca me saoul!!
Et le voilà qui arrive avec nos verres. A coup sûr on va se le coltiner tout le repas! Moi je dis, roule un peu plus du cul chéri, on n'a pas remarqué que t'étais homo!
- Bonjour!! Dit-il avec un ENORME sourire bien blanc.
Bill !! Mon coeur, tu aurais pu me le dire que tu venais. Mon coeur, blablabla... Et vas-y que je te fais la bise en mettant bien les mains sur les épaules...
Je paris que le kir cassis est pour toi. Continue t-il. Du genre, je connais tes goûts poussins. En même temps il a une chance sur trois.
- Eh oui. Répond Bill avec un ENORME sourire bien blanc. Je vais le taper!
- Le Coca est pour Tom? Ouai, fait comme si tu avais de la considération pour le frère de Bill. Le pauvre, il est héroïnomane, ce doit être difficile...
- Oui. Le rosé pour Georg et l'autre kir pour Gustav. Dit Bill. Une heure pour servir quatre verres le nul!!
Je devrais arrêter de le regarder comme de la merde.
- Vous avez choisi? Poursuis Andrew, A, N, D, R, E, W.
- Moi ce sera comme d'habitude. Sourit Bill. Comme d'habitude chéri, quand tu auras fait sauter les crêpes tu passeras à moi? Je vais le butter cet Andrew de mes deux...
- Tom? Pourquoi il s'acharne sur moi?
- Euh... Vous n'avez pas des hamburger? Je n'ai pas pu m'empécher de lui poser une question de merde. Il me regarde abasourdi.
- Tom, si tu veux un hamburger tu vas au Mc Do d'en face!! S'énerve Bill.
- C'est bon, je plaisantais. Je prendrais comme Bill. Eh oui monsieur, car moi aussi je connais les habitudes alimentaires de mon frère. Et mieux que toi d'ailleurs!
- Une paysanne pour moi. Dit Georg.
- Pareil !! S'exclame Gustav comme s'il n'y avait pas pensé.
- Je vous apporte tout ça. Sourit Andrew. Connard, connard, connard... Il s'éloigne en faisant des ronds avec son cul...
Bill me frappe du coude.
- Tu pourrais être sympa! Dit-il méchamment.
- J'y peux rien, j'aime pas ses manières. Voilà, c'est dit!
- T'as tort, il est super gentil-
- Et il baise bien. Pourquoi j'ai dit ça? Mon dieu. Je sens que je vais le regretter. Le regard de Bill se noircit, je vois presque les éclairs dans ses prunelles.
- Et alors, t'es jaloux? Il confirme donc qu'ils ont baisé. Je les déteste.
Jaloux? Moi? Peut-être un peu...
Je fais mine de bouder dans mon coin pendant que Georg, Bill et Gustav, discutent. Monsieur je-sais-faire-des-huit-avec-mon-cul débarque. Il porte, bien entendu, ma crêpe et celle de Bill. Ce n'est y pas mignon ça?
- Voilà beau gosse, pour toi... Et pour Tom. "Beau gosse", j'hallucine. Et pourquoi pas : "belle bite" ou "bon trouffion"... Il va y avoir un mort!
- Merci. Dit Bill avec un grand sourire. Je boue sur place. Il repart. J'évite de le regarder en plongeant mes yeux dans l'oeuf étalé tout entier sur la galette au sarrasin et la viande finement hachée qui danse avec les tomates et les petits oignons. Je n'ai même pas faim...
Monsieur j'utilise-très-souvent-ma-brosse-à-dent, revient avec les assiettes de Georg et Gustav.
- Bon appétit! S'exclame t-il d'une voix super aiguë. Je retiens un fou rire.
- Merci. Répond Bill en faisant une petite mou de la bouche. Du genre, j'ai plutôt envie de bouffer ton sexe mais je me retiendrais par politesse. Je le hais!
Nous commençons à manger. Enfin... Ils commencent à manger. Je fais semblant de couper la crêpe pour me préparer une bouchée. Il n'a même pas desservi l'apéro le con!
Je sais que Bill me regarde, il ne me lâchera pas des yeux tant que je n'aurais rien avalé. J'attrape un centimètre carré de galette, accompagné de deux petits morceaux de viande et d'un mini bout de tomate, puis mets le tout dans la bouche comme si je me régalais. C'est bon, j'avoue, mais j'ai pas faim.
Bill relâche légèrement la pression, je sais qu'il reviendra regarder mon assiette dans deux minutes, et j'aurais intérêt à avoir entamé mon plat sérieusement.
J'avale une quatrième bouchée sans prêter attention à la discussion des trois autres. Je ne peux m'empécher d'observer Bill manger sa crêpe comme si Andrew : èye, n, di, are, i, deubeul you, le regarder. Et vas-y que j'enfourne bien la fourchette, en prenant soin de la nettoyer avant de la ressortir de la bouche. Manque plus que les gémissements.
[Bill]
Si Tom continue à me regarder comme ça je le tape. Même quand je mange il ne me laisse pas tranquille.
- Donc, Georg, tu disais qu'on t'as appelé pour une interview. Dis-je.
C'est pas encore une blague ou une raison de nous humilier en public? Je demande.
- Non, je ne crois pas, c'est un magazine sérieux.
- Ils vont encore nous poser des questions de merde! S'exclame Gustav.
- Ouai... Dis-je.
Du genre : " Aviez-vous imaginé retomber aussi brutalement dans l'anonymat? "
- Et tu répondras : on est pas dans l'anonymat puisque l'on est en train d'être interviewé par un magazine. Dit Gustav en rigolant.
- Ou encore. Poursuis Georg.
" Pensez-vous que le coming out de Bill est la raison de cette fin brutale? "
- Et là je répondrais, j'y peux rien si l'homosexualité est encore tabou de nos jours. Les enfants sont tout le temps confrontés à la mort, au sexe, à la violence avec la télé, et quand leur idole préfère la bite on cri au scandale. Dis-je.
- Pour finir... Interview censuré à cause du mot bite. Dit Gustav. On explose de rire. Sauf Tom, qui se force à manger pour moi...
Ah, Georg et Gustav, je vous aime!!
[Tom]
Bon, j'ai à peu près mangé un dixième de ma crêpe. Je suis en net progrès. Dans leurs questions idiotes ils ont oublié :
" Tom, pourquoi êtes-vous tombé dans l'héro? " Si je le savais j'aurais déjà arrêté. Et ça se dit journaliste...
J'avale un nouveau morceau. Je l'ai pris un peu plus gros. Les garçons ont déjà terminé leurs assiettes. Moi, j'ai l'impression qu'on la remplit au fur et à mesure.
Andrew passe de temps en temps en lançant des clins d'oeil furtifs à Bill. Comme si personne ne le remarquait!
Ca y est, j'ai mangé le quart de ma crêpe! C'est à inscrire dans les annales des records de Tom le drogué!
- Tu veux qu'on t'aide à finir? Demande Georg. Je me rends alors compte que je suis un boulet. Celui qu'on attend pour le dessert. On attend qu'il finisse, même s'il ne finira jamais, car il faut l'encourager dans ses efforts.
- On peut prendre le dessert j'ai plus faim. J'abandonne, de toute façon je vais le vomir dans pas longtemps. Comme par magie, Andrew Colgate Blancheur apparaît. Il devait attendre, dans un coin, le moment où je poserai mes couverts en signe d'estomac plein.
- Vous voulez un dessert? Demande t-il en regardant Bill comme s'il lui disait : "je suis ton dessert bébé, vient goûter à ma banane..."
- Oui! S'exclame Georg qui a à peine bouché une dent creuse.
- Je vous amène la carte. C'est bien, tu connais ton texte. Il débarasse la table en superposant les assiettes. Au sommet : la mienne, pleine, bien évidemment. Comme il est habile de ses doigts... On ne doit pas s'ennuyer dans son lit...
Et Bill qui le bouffe du regard. Oh Andrew, fais moi partager ta dextérité!
Après les huit, c'est les zéros qu'il dessine à merveille. Et tout ça sans faire tomber les assiettes! Bill a les yeux accrochés à son cul. Je brûle de l'intérieur... Le oignons peut-être.
Il revient tout guilleret avec les magnifiques cartes à dessert. Il m'en donne une par politesse, j'ai à peine entamer ma crêpe, comme si j'allais prendre un dessert!!
Georg se précipite sur les pages où d'énormes glaces avec des milliers de boules, du coulis, des biscuits, de la chantilly, sont savamment photographiée pour nous mettre en appétit. Bill prendra une gaufre, je le sais.
- Tu ne veux pas de dessert. Me dit Bill légèrement désespéré.
- Non, désolé. J'aurais bien voulu lui faire plaisir, mais c'est au-dessus de mes forces. Eh puis, Andrew me coupe l'appétit. En parlant de lui, le voilà qui arrive. Courage Tom, on s'en va bientôt.
- Vous avez choisi? Demande t'il.
- Oui... Je prendrais une pêche Melba. Dit Georg.
- Moi une crêpe au Nutella. Dit Gustav. Alors que Bill s'apprête à parler, Andrew intervient.
- Laisse moi deviner Bill... Une gaufre chantilly !! S'exclame t-il. Bill sourit. Je me lève d'un coup. Encore un geste incontrôlé Tom. Tout le monde me regarde.
- Hmm... Excusez-moi, je vais aux toilettes. Dis-je.
Je me précipite dans les W-C. Je me regarde dans le miroir. Je vais le butter cet Andrew !!! J'ai bien envie de... Non, ne craque pas Tom, pas maintenant, pas au restaurant, pas devant Georg et Gustav, pas encore une fois... Je touche le flacon dans ma poche... Soudain Bill pénètre dans les toilettes, il doit croire que je vais faire une bêtise. Il se met à mes côtés.
- Ca va Tom? Me demande t-il.
- Ouai. J'avais juste envie de pisser depuis une heure. Je tente de le rassurer.
- Tu veux qu'on rentre? Visiblement ça ne marche pas
- Ta gaufre chantilly t'attend Bill... Va la manger. Dis-je.
- Alors, tu viens avec moi. Il me prend la main et nous sortons des toilettes sous les regards curieux des gens.
On s'installe à nos places respectives. J'ai honte de ma réaction. Honte d'avoir inquiété Bill. Je suis si impulsif parfois.
Le dessert arrive à l'instant. Andrew et tout sourire. Il sert Bill en premier. Il me jette un regard qui signifie: "Pauvre gars, heureusement que tu as un frère exceptionnel." Tu sais ce qu'il te dit le pauvre gars. Bon, je ne vais pas encore faire un scandale, je fais comme si je n'avais rien remarqué.
Georg, Gustav et Bill dévorent leurs desserts avec délectation. J'observe mon frère qui se débat avec la chantilly qu'il a sur la lèvre. Ah, frérot! Je t'en fais voir de toutes les couleurs!
- Vous voulez qu'on aille faire un tour en ville après? Propose Georg.
- Ouai! S'exclame Gustav. Bill semble hésité. Je sais qu'il en meurt d'envie.
- Je... Je sais pas... Si Tom...
- Je veux bien. Dis-je. Bill me regarde, son visage s'illumine, il me fait un sourire flamboyant.
[...]
Les coupelles sont vides. Les garçons commencent à se lever, moi aussi.
Nous nous dirigeons à l'entrée pour payer l'addition. Andrew nous attend, il a du nous épier tout le repas.
- Ca a été? Demande t-il en s'adressant plus particulièrement à Bill.
- Très bien. Répond ce dernier. Nous payons chacun notre part, Bill paie pour moi, bien entendu.
- A la prochaine alors. Dit Andrew en nous accompagnant jusqu'à la porte. Je le soupçonne de caresser les fesses de Bill.
- Au-revoir. Je le regarde une dernière fois des pieds à la tête et part sans dire un mot. J'y peux rien si je ne l'aime pas!
[Bill]
Après-midi promenade dans les rues de Berlin, avec shopping à la clé pour moi! En espérant que Tom tienne sans son héro... Je suis tellement content qu'il ait accepté!
- On vous demande souvent des autographes? Demande Georg.
- Oh que oui! Dis-je. Les gens sont bizarre parfois...
- Par contre, quand je suis avec toi, ils font comme s'ils nous reconnaissaient pas. Dit Tom.
- Noooon... C'est le hasard. Dis-je pour le rassurer. Il est vrai que c'est le moins apprécié depuis qu'il se pique. Si les journalistes ne l'avait pas balancé dans tous les magazines aussi!
Parfois, je me fais traiter de tous les noms. Je continue.
- Parce que t'es gay? Demande Gustav.
- Ouai! On ne s'est jamais si c'est contagieux... On ricanne.
Nous flânons au hasard des avenues.
- On va où? Demande Georg.
- Ben... Moi j'aimerais bien faire quelques boutiques. Dis-je timidement. Le soupir de Tom en dit long. Je le regarde, un sourire forcé aux lèvres. Il acquiesce. De toute façon, il n'a pas trop le choix.
- Moi je suis d'accord. Dit Gustav.
- Ca tombe bien, je devais m'acheter des caleçons. Ajoute Georg.
- Des caleçons! Comme ça, maintenant! Je m'exclame.
- Ben ouai, ce matin je me lève, j'ouvre l'armoire, plus de caleçon!
- Ils n'étaient pas sales? Je demande.
- Oui. C'est bien le problème. Je n'ai plus de lave-linge. Je me fous à rire.
- Mais Georg, c'est pas des caleçons que tu dois acheter mais un lave-linge. Dit Gustav.
- C'est plus cher quand même. On rigole à nouveau. Il est bizarre ce type parfois.
- Pourquoi t'as plus de lave-linge? Demande Tom.
- Vous moquez pas! S'exclame Georg avant d'avoir commencé son explication.
Un soir où j'étais bourré, je l'ai confondus avec le lave-vaisselle. Autant vous dire qu'il n'a pas trop apprécié les assiettes et les couverts. Je regarde Tom et Gustav, puis nous explosons de rire. Il me fait halluciner. C'est la seule personne au monde qui doit vivre ce genre de truc!
- Là! Dis-je tout à coup en m'arrêtant devant un magasin de luxe. J'invite les trois autres à me suivre à l'intérieur. J'ai envie de m'acheter un jean pour ce soir. Même si je ne resterais pas longtemps habillé, je risque d'être en compétition avec les Cinema Bizarre, niveau look.
Je cherche dans les allées remplis de vêtements dont le prix comporte plus de deux chiffres obligatoirement. Tom, les mains dans les poches, reste derrière moi en faisant mine de s'intéresser. Georg et Gustav regardent dans leur coin. Je m'arrête nez à nez avec un magnifique jean noir.
- Qu'est ce que tu en penses? Je demande à Tom.
- Boaf... Il est simple. Je le repose. Je ne sais pas pourquoi je demande son avis vu son look, mais bon.
- Celui-là! Je m'exclame devant un adorable jean gris, déchiré par endroit, avec des poches originales.
- Déjà, je préfère. Dit Tom.
Mais il faut le voir sur toi. Excellente idée!! Je cherche d'un oeil les cabines d'essayage et m'y rends, le pantalon à ma taille sous le bras. Tom me suit. Je crois qu'il essais de s'occuper comme il peut.
Je pénètre dans une cabine en fermant précautionneusement le rideau. Merde! J'ai une pulsion... Non, pas maintenant... Je m'enlève le pantalon, respire Bill... Ma main s'empare de mon sexe directement dans mon boxer. Je frissonne. Je me caresse lentement en me mordant les lèvres pour ne pas gémir.
- Il te va? Demande Tom. Oh mon dieu! Faites qu'il n'ouvre pas.
- Je l'ai pas... encore mit... hmm. Je me vide dans un soupir. Pourvu qu'il n'ai rien remarqué! J'enfile rapidement le nouveau jean. J'ai la main dégueulasse et les joues rouges, je ne vais pas sortir dans cet état...
- Alors? Demande Tom qui s'impatiente.
- Voilà, voilà. Tant pis. J'essuie ma main sur le rideau et sors de la cabine en faisant une pose de mannequin. Heureusement qu'il regarde mes jambes.
- Pas mal. Dit-il.
T'es bien dedans?
- Ouai, bon, je le prends. Je rentre à nouveau dans la cabine pour me changer.
- Bill. Murmure Tom.
- Ouai?
- On pourra rentrer après... Je ne suis pas bien... Dit-il gêné.
- Ok, frérot. Je sors. Nous rejoignons Georg et Gustav.
- T'as trouvé quelque chose? Me demande Gus.
- Ouai, ceci. Dis-je en montrant mon jean.
Par contre les gars, on va rentrer...
- Ok. Dit Georg.
Je paie le jean et nous quittons le magasin.
- Vous faites quoi ce soir? Demande Gustav.
- Je sors. Dis-je. Tom semble surpris.
- Ah, d'accord, bon, ben, à la prochaine alors... On s'appelle.
- Pas de problème les mecs.Nous nous dirigeons vers la voiture après avoir dit au-revoir aux G.
- Tu sors? Demande Tom légèrement agacé.
- Oui... Euh... Les Cinema Bizarre font une petite soirée...
- Où ça?
- Chez Yu... Vers 21h00. Tom ne dit rien. En espérant qu'il ne me propose pas de m'accompagner. Là... C'est fini!!